Marque satanique
Lors de la conclusion du pacte satanique, le démon laisse une trace réputée insensible sur le corps de la sorcière. La recherche de cette marque constitue un élément important de l’interrogatoire de celle-ci, juste avant la torture. La suspecte est déshabillée, souvent rasée, recouverte d’un sac ou d’une chemise, puis liée en vue de la soumettre à la question ; la recherche de la marque a lieu durant ces opérations (voir « Aiguille du bourreau »). En cas de succès, la conviction des officiers est faite et, si la malheureuse continue à nier, ils ordonnent sans hésiter de la torturer. Parfois, elle persiste dans ses dénégations, comme Marguerite Frantz, de Cornol, libérée en 1595 faute d’aveux : la découverte de la marque ne constitue donc pas une preuve absolue de culpabilité. Bizarrement, même après les aveux d’une suspecte, il arrive que les juges exigent de trouver sa marque. C’est le cas en 1666 d’Anne Ramser, de Perles – en vain du reste, ce qui ne la sauve pas du bûcher. En 1594, les officiers donnent le dessin de la marque de Thine Bossat, de Chevenez… mais, coup de théâtre, ils en découvrent ensuite une deuxième ! Comme il ne peut y avoir qu’une marque, ils y voient une ruse du Malin pour les égarer.
Aller plus loin : découverte de la marque chez Blaise Donzel, des Breuleux : B 168/19-20.4, bas de la p. 1 et haut de la p. 2. Cas de Marguerite Frantz : B 168/14-35.3, p. 9. Autre refus d’avouer : B 168/16-5.1, p. 3. Anne Ramser : PCrim E 332-13. Dessin de la marque de Thinne Bossat : B 168/14-24.2, p. 6, l. 33, découverte de la deuxième marque : ibid., p. 7.