Du volontariat à la conscription. S’engager dans l’armée française à la Révolution et sous l’Empire
Ville (*) :Delémnt
Date :20.05.2026 - 20.05.2026
Conférence de Damien Bregnard pour le Cercle généalogique de l'ancien Evêché de Bâle (Delémont, Musée jurassien d'art et d'histoire, 19h00)
À première vue, l’histoire militaire de la Révolution française évoque immédiatement la conscription et l’idée d’une mobilisation massive et obligatoire des citoyens. Cette image, largement répandue, mérite toutefois d’être nuancée. En effet, la fameuse loi Jourdan-Delbrel, qui instaure la « conscription universelle et obligatoire » pour les jeunes Français âgés de 20 à 25 ans, n’est adoptée qu’en 1798, soit neuf ans après la prise de la Bastille. Durant cette période charnière, les modalités d’engagement dans l’armée française évoluent profondément, passant du volontariat à une forme de contrainte étatique de plus en plus affirmée.
Cette conférence propose précisément d’explorer cette transition, en s’appuyant sur un terrain d’observation original : le territoire de l’ancien Évêché de Bâle. Intégré à la France dès 1793, au sein du département du Mont-Terrible (puis du Haut-Rhin dès 1800), cet espace périphérique offre un éclairage particulièrement riche sur les pratiques de recrutement militaire à une époque où la conscription n’est pas encore en vigueur. Pourtant, les hommes de ces régions rejoignent bel et bien les armées françaises, soulevant ainsi des questions essentielles : qui s’engage ? dans quels corps d’armée ? et pour quelles motivations ?
Damien Bregnard mettra en lumière les différentes formes d’engagement, en s’intéressant notamment aux volontaires du Mont-Terrible, puis au système de réquisition des militaires, qui précède la conscription. À travers ces parcours, se dessine une histoire humaine et sociale de la guerre, où se mêlent patriotisme, opportunités économiques, pressions locales et stratégies individuelles. Mais cette dynamique ne va pas sans résistances. La conférence abordera également les oppositions au service militaire, parfois vives, ainsi que les moyens de coercition mis en place par les autorités pour contraindre les jeunes réfractaires à rejoindre les rangs.
Au-delà de cette mise en perspective historique, cette intervention se veut résolument utile pour les généalogistes. La dernière partie sera consacrée aux méthodes concrètes permettant de retrouver la trace d’un ancêtre ayant servi dans les armées révolutionnaires et impériales. Quelles sources consulter ? Où les trouver ? Comment les interpréter ?
Seront notamment présentés les registres de conscription conservés aux Archives de l’ancien Évêché de Bâle, ainsi que les matricules conservés à Vincennes. Les matricules sont numérisés et consultables en ligne, et certains ont déjà fait l’objet de dépouillements publiés, facilitant grandement les recherches. Ces outils constituent une porte d’entrée précieuse dans l’histoire familiale, permettant de redonner un visage et un parcours à ces ancêtres soldats.