Plus de 4000 nouvelles descriptions d’archives en ligne
Dans le cadre du projet « Crimes et châtiments », les Archives de l’ancien Évêché de Bâle (AAEB) poursuivent l’enrichissement de leurs inventaires en ligne. Quelque 4400 nouvelles unités de description permettent désormais d’explorer plus en détail les procédures criminelles de l’ancienne principauté épiscopale de Bâle, du XVe au XVIIIe siècle.
Les nouvelles descriptions concernent principalement les procédures criminelles des seigneuries suivantes :
- Delémont : période de 1611 à 1635 (PCrim Dt 51 à 280).
- Erguël : période de 1781 à 1791 (PCrim E 707 à 751 ; répertoire terminé).
- Franches-Montagnes : période de 1493 à 1606 (PCrim FM 1 à 39).
- Prévôté de Moutier-Grandval : période de 1504 à 1712 (PCrim MG 1 à 107).
- Porrentruy : période de 1758 à 1792 (PCrim Py II 143 à 225 ; répertoire terminé).
La description archivistique détaillée s’étend jusqu’au niveau de chaque document, facilitant ainsi les recherches et l’accès aux sources.
Inventaires en ligne
Déjà 77'000 pages consultables en ligne
Parallèlement à la description des dossiers, leur numérisation se poursuit. En octobre, 22'500 pages provenant de 3850 documents ont été ajoutées à la plateforme Transkribus des AAEB. Au total, 77'000 pages sont désormais accessibles en ligne.
Une partie de ces documents bénéficie également d’une transcription automatique corrigée par un archiviste-paléographe, signalée par le statut « GT » (Ground Truth, ou « vérité de terrain »).
Pour les documents déjà numérisés, les inventaires comportent des liens directs vers les reproductions accessibles sur la plateforme Transkribus.
Archives numérisées
Anabaptistes : trois destins face aux autorités (documents nouvellement inventoriés)
En 1552, Bastien Stehelin, originaire de « Oberheslin » (Oberhasli, BE) et établi sur le Raimeux, reconnaît son appartenance à l’anabaptisme, ainsi que des faits de braconnage. Accusé d’avoir ignoré les interdictions d’établissement et de ne pas avoir payé certains impôts, il s’engage, dans un « urphède », à renoncer à sa foi, à quitter les terres du prince avec sa famille et à payer une amende. Il promet également de ne pas se venger de son emprisonnement ni de la destruction de sa maison (PCrim MG 3).
En 1600, Barbara, épouse d’Anthoni Ankhen, d’Elay (Seehof), meurt en prison après avoir refusé de s’alimenter pendant dix-sept jours. Déjà emprisonnée pour anabaptisme puis libérée sous serment, elle avait été arrêtée une nouvelle fois. Le prince qualifie sa mort de suicide et revendique la confiscation de ses biens. Il autorise finalement son fils Hans à les récupérer contre le versement de 900 livres, après remise de 100 livres (PCrim MG 18).
En 1625, des hommes venus de Welschenrohr (SO) arrêtent à Elay deux anabaptistes, Anton Christ et Barbara Fluerin, parents d’Ule Christ. L’évêque de Bâle proteste auprès de Soleure : cette arrestation, effectuée sur ses terres par des sujets soleurois, constitue une atteinte à ses droits souverains. Il laisse toutefois à ses alliés soleurois le soin de punir les responsables (PCrim MG 31).
- Voir le brouillon de la lettre de l’évêque à Soleure (en allemand)
Une mort suspecte à Corban en 1732
Ruedat Steullet, de Corban dans la seigneurie de Delémont, est fortement soupçonné d’avoir provoqué la mort de son épouse Nèse en lui portant de violents coups de poing à la tête. Faute de pouvoir établir avec certitude que ces coups ont causé le décès, la justice ne peut toutefois retenir sa pleine responsabilité dans la mort de sa femme. Ruedat Steullet est néanmoins condamné au bannissement à perpétuité.
Si les féminicides sont étonnamment rares dans les procédures criminelles conservées aux AAEB, celles-ci témoignent de la banalité des violences conjugales sous l’Ancien Régime. Ruedat Steullet reconnaît d’ailleurs avoir parfois donné des soufflets à son épouse, « comme il arrive dans les mariages ». Les images de ce dossier n’ont pas encore été numérisées, mais sa description détaillée est disponible en ligne.