Vaches
Les vaches jouent un rôle crucial dans l’économie rurale d’Ancien Régime : elles fournissent non seulement des aliments de base comme le lait, le beurre, le fromage ou la viande, mais elles contribuent aussi à engraisser les champs grâce au fumier. Dès lors, il ne faut pas s’étonner qu’elles constituent une cible de choix pour les sorcières, qu’on imagine toujours soucieuses de semer la détresse autour d’elles. Ces dernières peuvent tarir le lait des vaches (voir « Lait »), les rendre malades ou les tuer. Il existe de nombreux moyens pour tenter de guérir les bêtes, comme ceux utilisés par un vacher venu de Bulle, Antoine Barbier, qui sauve du bétail à Montfaucon et ailleurs. Parfois, il coupe le bout des oreilles des vaches en disant « syl y a des gens mort ou vifz queussent puissance sur ceste beste, quy fust grevez ou de mort ou de vifz » (« s’il y a des gens morts ou vifs ayant puissance sur cette bête qu’ils soient punis, tant morts que vifs »), puis il fait le signe de croix, dit « au nom du pere, du fils et du benoist S. Esprit » et jette les bouts d’oreilles en l’air. D’autres fois, il utilise simplement un médicament fait de tilleul broyé, de verjus et d’une herbe appelée « clodet » - mais le résultat semble moins efficace. Le moyen le plus couramment utilisé reste toutefois de faire manger à l’animal des biens appartenant à la sorcière présumée, par exemple de ses cendres ou des « herbes » prises dans son jardin.
Aller plus loin : Antoine Barbier : PCrim Dt 28-8, p. 2, l. 3-12 et p. 6, l. 13-23. Légumes, cendres ou autres objets donnés à manger à l’animal : B 168/19-24.3, p. 1 et 2. Autres méthodes de guérison avec de l’eau et de la cire bénites : B 168/19-30.15, p. 3 (l. 45) et p. 4 (l. 4) ; avec de la cire et du buis bénits placés dans les cornes : B 168/19-35.1, p. 9, l. 11-20.